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vendredi 11 novembre 2011

T-Rex

Ce court-métrage a été sélectionné pour la Nuit de la vidéo des écoles d’art du grand est ( au Centre Pompidou Metz en octobre 2011). Et a été projeté au cinéma Palace de Metz en mai 2011 à l’occasion d’une soirée de présentation des travaux de l’atelier cinéma de l’ESAL.

Un grand merci à Nils Van Keulen et Dominique Melior qui, malgré le froid et la pluie, ont permis la réussite de ce projet.

Je conseil vivement de mettre la vidéo en plein écran pour mieux en profiter et dans l'idéal : en HD.

Le court-métrage est composé de plusieurs parties. Chacune d'entre elles est un souvenir d'enfance, sous la forme d' instants, de bribes d'images et de sons. Ce ne sont jamais des évènements mais des moments très simples comme la contemplation d'un paysage, la vue d'une couleur, une sensation éphémère de joie ou d'angoisse.

Le son est très important car il fait partie des souvenirs. Contrairement au perpétuel fond sonore de la vie courante, les souvenirs font le tri. De ma propre enfance, Je me souviens du silence de la neige, du fracas des chaussures sur un chemin de cailloux, etc. Au lieu de composer avec le brouhaha sonore pris sur le tournage, je préfère placer mon attention sur des sons en particulier que je recréerai en post-production.

dimanche 23 octobre 2011

De l'un à l'autre

Ce court-métrage a été présenté lors de mon diplôme (DNAT) en 2010. Il fait suite à un atelier dont le sujet imposé était : « Le corps de l’un, le regard de l’autre ».

Je me suis demandé si la transformation du corps objet par la subjectivité du regard était possible. « Le corps de l’un » est une réalité objective. « Le regard de l’autre » porte un jugement individuel sur l’objet. Son interprétation est indépendante de l’objet et varie en fonction de sa personnalité. Man Ray prend en photographie une femme de dos qu’il transforme en un violon par un jeu de collage (Le violon d’Ingres). On peut s’amuser des choses que l’on voit autour de nous en les détournant de leur définition première. Quand Brassaï photographie une ville plongée dans la nuit, les sombres passants sont autant de dangereux malfrats… Ce qui m’intéresse dans ce sujet, se sont les histoires que l’on se construit d’après l’attitude, le visage ou même les habits des inconnus que l’on croise dans la rue ou que l’on observe depuis une terrasse de café. Dans le film d’Antonioni Blow-up, le personnage principal est convaincu d’avoir assisté à un meurtre, mais l’intrigue laisse à penser qu’il a tout imaginé. Dans la photographie qu’il a prise de la scène de crime, peut être n’y a t-il que ce qu’il veut voir et que la présence d’un corps mort et d’un assassin n’est qu’une interprétation erronée d’une image qui ne peut être que subjective car créée par un photographe.

Je réfléchis à un scénario qui puisse répondre à ce sujet. Dans un premier temps, le thème « Le corps de l’un, le regard de l’autre » me fit penser à un de mes précédents travaux –« L’enfermé » réalisé en 2008- dans lequel un personnage, pris de panique devant le tumulte de la foule, s’isole dans un endroit clos dont il n’ose plus sortir. Par les fenêtres de son refuge, il observe alors « l’autre » qu’il voit comme un monstre oppressant. Alors que « l’autre » a ici une forme destructrice, j’ai voulu développer, sur ce nouveau projet, l’inventivité des personnages à imaginer des histoires à partir de ce qu’ils voient. Le récit se déroule sous la forme de plusieurs courtes scènes dans lesquelles se croise des personnes intriguées l’une de l’autre. La caméra se place du côté de leur imagination, chacun imaginant la vie de l’autre selon leur paraître. Dans mes précédents court-métrages le jeu des acteurs reposait toujours sur le même mécanisme, c’est à dire la création de personnages muets, mimant la curiosité et la surprise. Cette fois j’ai voulu aller un peu plus loin dans la complexité des personnages, dans leur sentiments et apparence.

vendredi 14 octobre 2011

Le monstre

Une silhouette s'avance sur un chemin sinueux. Au rythme de sa marche lente, au crépitement de la neige tombante, nos yeux se perdent dans le territoire inconnu. Il faut profiter de cette longue marche pour observer et écouter. Au fond de la forêt, au terme du voyage, on découvre quelque chose... de terrifiant !

Après avoir travaillé sur des projets plus difficiles à tourner et à monter, j'ai aussi tourné des court-métrages pris "sur le vif", sans préparation. "Le monstre" a été réalisé en un jour. Avec un caméscope et un solide compagnon de route, nous nous sommes promenés et nous avons improvisé une histoire. C'est un simple petit bricolage, mais l'exercice n'en est pas moins intéressant.

Je remercie Raphaël Van Keulen, étudiant à l'Ecole Supérieure d'Art Dramatique de Liège, de me suivre dans beaucoup de mes projets, toujours sérieux et motivé. Je remercie aussi tout aussi chaleureusement Boris Olivier, du Conservatoire Royal de Bruxelles, pour sa précieuse participation à un autre film que je ne tarderai pas à mettre en ligne.

"Le monstre" a été projeté lors de la 8eme édition de "Les yeux La nuit" à la MJC de Lillebonne à Nancy. Le thème : "Territoires". www.lesyeuxdelouie.com

Je vous conseille de mettre la vidéo en plein écran pour mieux en profiter et dans l'idéal : en HD.

dimanche 10 avril 2011

Bruxelles, été 2010

Au programme de ce voyage photographique : Une pérégrination nocturne dans les rues de la ville, la fête de la communauté flamande, la fête nationale avec chars d'assauts en démonstration, le parlement Européen semblant perdu dans une forêt profonde, une bière à un bar pendant la coupe du monde...

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vendredi 1 octobre 2010

Un stage à la télévision

EMF (Euro Media France) est une importante entreprise de sous-traitance pour les chaines de télévision. Moi qui pensais que les programmes de France 2 et de canal + n'étaient pas réalisés par les mêmes équipes dans les mêmes studios... Je me trompais. EMF à racheté VCF, SFP, EMT. C'est une industrie, j'en prends conscience plus que jamais. On débite les programmes à tour de bras. C'est «l'abattoir», me dit un technicien. Chaque jour je me rends sur des plateaux différents en plusieurs endroits de Paris et je change d'équipe. Je rencontre de nouvelles personnes, j'en retrouve d'autres. Lors de mon premier rendez-vous, Porte de la Chapelle, il fait encore nuit quand je passe le portail d'une étonnante ville. Les studios ont des allures de hangars numérotés de grands chiffres blancs. 106, 107... Il y a des allées, des magasins, une population qui s'affaire. Je regarde mon planning : Lundi 15 Février, ETL, plateau 130,2. On débarque des caisses en métal d'un camion avec l'inscription VCF. Je me renseigne. ETL, c'est le plateau de «En Toutes Lettres».

Ils commencent à préparer le tournage de l'émission. Il y a beaucoup d'éclairages suspendus au plafond. On use de tous les effets pyrotechniques, les projecteurs sont en perpétuel mouvement. Le plateau est inondé de couleurs tourbillonnantes, aveuglantes. Les couleurs tapissent les surfaces blanches du plateau. Je touche les décors. Les surfaces sont en contre-plaqué tout juste correctement agrafé. Les énormes lettres qui composent le titre du jeu sont en polystyrène. Mais qu'importe, la caméra n'y verra rien. Un technicien me montre comment placer une caméra sur son socle. Il m'explique les différents composants. Je ne comprend pas son langage. Tout n'est qu'abréviation, mots techniques. Le câble «tri-axe» permet de relier la caméra avec la régie mais aussi d'assurer la communication entre ce dernier et le cadreur par l'intermédiaire du casque. Je cherche la régie, elle est à l'extérieur, dans un car, reliée au plateau par de gros câbles. Cela coûte moins cher ainsi et cela lui permet d'être mobile. Pas besoin de déménager la régie à chaque émission. A l'intérieur, un univers d'écrans, de consoles, de petites loupiotes colorées qui scintillent. C'est ici que l'on règle l'image. Le diaphragme et les couleurs des caméras sont manipulés depuis la régie. Un technicien s'applique à «l'étalonnage des couleurs» afin que les différentes images au montage soient homogènes. Pour cela, on utilise un oscillogramme représentant la répartition des couleurs dans chacune des images. Juste à côté ce sont les «magnétos» qui enregistrent les bandes sur cassette numérique et qui lancent les sujets, par exemple les reportages. Au centre du car, se trouve le «mur écran», c'est ici que le réalisateur donne ses ordres dits «artistiques». Il faut cadrer serré pour souligner une émotion ou faire des plans larges pour montrer l'étendue d'une foule. Que ce soit en direct ou en rediffusé, l'émission est montée et enregistrée en même temps qu'elle est filmée. Le «réal» a les deux mains rivées sur sa console. Face à lui, une dizaine d'écrans retransmettent les images des caméras. Il jongle de l'une à l'autre, choisit les images pour n'en constituer plus qu'une. Tout va très vite, il ne faut pas faire d'erreur. Heureusement tout est préalablement écrit, même le direct. La script claironne chaque action, chaque évènement de l'émission. Les sujets prennent un temps précis que l'on ne doit pas dépasser. Si un participant parle trop, on le rappelle à l'ordre par l'oreillette. Au côté du réalisateur, le truquiste prépare et envoie à l'image toutes les informations écrites. Par exemple, le nom d'un participant ou le nombre de points obtenus par un candidat. J'ouvre une porte vitrée au fond du car. La partie son est isolée pour ne pas être gênée. Les techniciens du son placent les micros, s'assurent du câblage et de la retransmission du son à la télévision mais aussi sur le plateau. Il faut que le public et les invités puissent s'entendre. Il y a aussi le réglage des «ordres», c'est à dire le matériel de communication de toute l'équipe de tournage. Tout se passe par micros et casques. «Si tu veux gagner de l'argent, il faut travailler à l'image, pas au son» me dit-on. Le son est curieusement relégué à un second rôle par rapport à l'image. Si l'image est décalée par rapport au son, c'est ce dernier qui aura tort. On m'explique comment fonctionne la console. Pour vendre l'émission à la chaîne de télévision, il faut respecter un niveau sonore très strict. Il ne faut pas dépasser un certain volume (dB) positif ou négatif. Tous les signaux sonores sont compressés de manière à étouffer les sons forts et remonter les sons faibles. Le niveau de compression n'est pas le même s'il s'agit d'un film, d'une émission ou d'une pub. Un film est peu compressé de manière à respecter les chuchotements ou le vacarme d'un coup de feu. Une pub est très compressée, tous les sons sont mis au même niveau. Voilà pourquoi leur volume paraît plus élevé que dans les autres programmes.

Le jeu va commencer, je reste dans la régie. Tout le monde se tient prêt. La script fait le décompte : 3,2,1... La technique au magnéto envoie le jingle. Stop ! La caméra est tombée en panne, le cadreur n'avait plus d'image dans son moniteur. «Vite ! Vite ! On perd du temps» clame Julien Courbet. On court partout. On change le matériel. En deux minutes nous voilà repartis: Jingle ! La caméra, attachée à une sorte de grue, court au dessus du public, saute sur les participants. «Nous sommes le 30 mars». L'émission est enregistrée un mois à l'avance. Aujourd'hui on enregistre six fois le jeu. Pour donner l'illusion de passer d'un jour à l'autre, le public et les participants changent de place et d'habits. Avant le départ, nous sommes briefés : «on est fin mars alors c'est le printemps, on est détendu, les arbres sont en fleurs». Pour l'émission du 1er avril il y a une surprise, jouée de toute pièce, prévue par tout le monde. Me voilà dans une drôle de situation, en dehors du temps et de la réalité où chaque hasard, évènement, est minutieusement écrit d'avance. Aujourd'hui Julien Courbet lancera par six fois «Bienvenue à En toutes lettres» avec un dynamisme six fois renouvelé. Je sors du car, vais sur le plateau. Je suis surpris par le changement radical de rythme. Je ne suis plus enfermé dans l'image virevoltante de l'écran. Je vois, en un plan unique, tout ce qui se passe sur et à côté du plateau. Il y a le présentateur, les candidats, un public de tous les ages et de toutes les professions. Ce petit groupe de personnes semble représenter la population française, réunie sur le plateau. L'individu devant sa télévision pense faire partie d'un groupe immense. Nous ne sommes finalement pas si nombreux ici, une centaine de personnes avec les techniciens. Comment ce fait-il que si peu de personnes aient le pouvoir de toucher autant de monde par delà le poste de télévision ? Dans le studio, tous rient beaucoup. Les participants se font des vannes calculées, de faux clins d'œil. Ce qui peut paraitre assez plausible à l'écran me semble ici menteur et déconstruit. On singe du bonheur, mais il n'y en a pas. Le candidat qui monte sur la table pour faire rire l'assemblée est un débordement de situation prévu. Pas de carton pour demander au public de «rire» ou de «pleurer», mais plutôt un chauffeur de salle, hors cadre, qui agite la foule en gesticulant. Au bout de trois jeux, il y a une pause. En aparté, on questionne le gagnant sur sa victoire. Face à la caméra il prend des airs essoufflés : «j'ai eu chaud». Il joue le jeu de l'animateur. Comment peut-on faire autrement ? On nous met dans une telle ambiance que l'on se laisse emporter par l'euphorie générale. Je demande à un cadreur si je peux l'accompagner pour le jeu suivant. Mais c'est non. Ils ne vont pas laisser un étudiant manipuler une caméra. Il y a trop d'enjeux et le temps, c'est de l'argent. Je suis relégué pendant ces quatre semaines au rang d 'observateur. Cependant, Il y a tant de choses à voir ! Un autre jour, je prépare avec l'équipe un «car régie» pour une course de Formule 1. La technique employée n'est pas la même. Les caméras sont différentes. Nous avons dû remplacer les câbles «tri-axes» par de la fibre optique qui permet de faire passer plus d'information des caméras à la régie. De plus, la longueur importante des câbles n'altèrera pas la qualité du signal vidéo. La fibre optique étant très sensible à la poussière, nous avons dû les nettoyer plusieurs fois. Je profite de cette journée de bricolage pour apprendre quelques effets à la console, comme la séparation en deux de l'écran par deux images. Un effet très utilisé dans les jeux quand deux candidats s'affrontent. Le lendemain je prépare une émission littéraire au "café Picouly". On y installe des rails pour les caméras. Le sol est jonché de câbles en tout genre. Les éclairages soulignent l'ambiance de Brasserie du lieu avec de petites teintes rouges et vertes sur les murs et les décorations. On ne peut pas utiliser un car régie, la rue dans laquelle il stationnerait est trop étroite. Il faut donc déménager du matériel sur le lieu. L'espace étant réduit, on n'installe que le strict minimum. L'équipement est par contre considérable pour la remise des Oscars. J'ai participé à l'évènement sur deux jours. Nous avons placé le matériel dans le théâtre du Châtelet. C'était l'occasion de découvrir le lieu, de voir tout ce petit monde s'agiter en coulisse. Les décors, les lumières, les stars qui répètent. Je prends quelques photos. Pas tant des acteurs, mais plutôt du théâtre. On me demande froidement de ne plus prendre de photos. Interdit de prendre les décors et les stars démaquillées. Bon... A quelques heures du lancement en direct, la tension monte. Le réalisateur en régie discute avec ses pairs. Les années précédentes on lui donnait les résultats de la remise des prix un peu avant la cérémonie. Cela lui permettait de prendre les devants pour le tournage. Cette année il devra faire sans. Je me rends dans l'entrée du théâtre. Je vois défiler toutes ces stars et les yeux scintillants des quidams prêts à se marcher dessus. Curieuse soirée où le vrai spectacle n'est pas donné sur scène mais dans le public.

Mon voyage dans cette étonnant univers se conclut avec «Encore une chanson», une émission musicale en direct. Sur le plateau, j'aide à mettre en place l'équipement. Je verrai l'émission demain soir chez moi. Je me place des deux côtés de l'écran. De l'un, on fabrique du rire, de l'évènement et on s'applique à le rendre plus vrai que nature. De l'autre, on regarde passivement ou avec prudence. Si l'on a conscience de son influence, on ne peut plus être trompé. Je n'aurai aucun plaisir à travailler à la télévision, mais l'expérience m'a parue indispensable pour moi qui utilise l'outil vidéo/son. Quand moi même je fais un reportage, quand je m'approche de quelqu'un pour le filmer, je dois réfléchir à mon attitude. Comment ne pas mentir en vidéo ? Le cadrage, le montage, sont des regards purement subjectifs. On est vite tenté de transformer la réalité par des artifices visuel, sonores, d'écriture. La télévision ne peut pas prétendre détenir la réalité, être «télé-réalité». Au cinéma nous savons qu'un film est une fiction. A la télévision, la frontière entre réalité et fiction n'est pas toujours clairement définie.

vendredi 6 août 2010

Voyage en Corée du Sud

Parti en Corée du Sud au mois de juin 2009, j'ai publié des photographies de ce voyage dans un précédent article (cliquez ici pour les voir).

J'ai promené ma caméra dans les rues de Séoul, Busan, Andong, dans les montagnes de Solak... C'est mon premier voyage dans d'aussi lointaines contrées. Tout semble à la fois semblable et différent. Je me souviens de mon arrivée. Au cours du trajet en bus reliant l'aéroport d'Incheon à Séoul, je voyais défiler les voitures, la route, les réverbères. Tout cela je connais, et pourtant les couleurs des objets, de la nature, m'apparaissaient différents. L'air ne me semblait pas empli des mêmes parfums. Des sons nouveaux parvenaient à mes oreilles.

J'espère pouvoir vous faire partager un peu de mon expérience, de ma curiosité, dans cet article. Pourtant, un site internet n'est pas le meilleur moyen de montrer son travail. Je ne peux pas vous présenter ma vidéo, d'une heure dix, dans son intégralité. Pour des raisons techniques j'ai dû diviser mon travail en plusieurs parties. En espérant que cela n'altèrera pas le rythme de votre lecture, bon voyage !

Partie 1 : Première approche dans les rues de Séoul, en particulier dans le quartier de Mapo. Il se met à pleuvoir. Les gens sortent les parapluies.

2 : La nuit est tombée sur Mapo. Rendez-vous dans un restaurant. Le lendemain : Une manifestation, un parc. Nous assistons à un « Pansori », un récit chanté, une tradition coréenne. C'est l'histoire d'un père aveugle qui vivait avec sa fille. Celle-ci se sacrifie pour lui redonner la vue en se jetant au fond des eaux pour se donner aux dieux. Le père, malgré sa guérison, se précipite à son tour dans la mer par désespoir. Il y retrouve sa fille, mariée au dieu des océans.

3 : On prend le bus pour un quartier branché. Puis, changement de décors, nous arpentons un quartier d'habitation plus calme. Puis, au musée national d'art contemporain : Œuvres de Nam June Paik et exposition sur la bande dessinée coréenne.

4 : C'est la fin des cours. Nous suivons des élèves. Quelques pas sur un marché, puis dans le métro.

5 : Busan, dans le sud du pays, est au bord de la mer. Il y a un marché aux poissons. A Andong, nous assistons à un spectacle de masques. C'est le théâtre traditionnel coréen. Comme dans les pièces de Molière, les bourgeois sont tournés en dérision par les valets.

6 : Dans les montagnes de Solak au nord-est de la Corée du Sud, un temple Bouddhiste. Puis nous rentrons à Séoul, plongé sous la pluie !

7 : Dans cette dernière partie, nous assistons à plusieurs spectacles. Le voyage se termine sur quelques vues de la ville...

Objets encombrants

J'ai réalisé un reportage dans une association de réinsertion professionnelle à Épinal appelée A, M, I. Ici on récupère, répare, classe par catégorie tous les objets. On revend, on recycle tout ce dont on ne veut plus. Je filme l'équipe qui sillonne les routes des Vosges pour récupérer tous ces objets, l'équipe des « Objets encombrants ». Je me lève à cinq heures du matin pour être avec les autres, je vis leur quotidien, un peu de ce qu’ils vivent. Je suis dans le camion.

Je participe au mouvement, fais le voyage. Je filme une trajectoire, une route. Les voix se perdent dans la vibration assourdissante du camion et ne me parviennent que par bribes, sans cohérence. Si ces hommes s'expriment avec des phrases ayant un début et une fin, pour moi les phrases se chevauchent, se coupent, explosent en petits mots, en petits sons incompréhensibles. De plus, "si mon oreille peut faire le tri" (De l'écriture sonore, Daniel Deshayes), mon oreille n'entend que ce qu'elle veut entendre, mon micro, lui, prend tout ! Il y a aussi le craquement des objets ramassés et brisés par les machines qui les avalent. Je fais des expériences. Je remplace des sons par d'autres, je coupe le son. Le silence peut être parfois très impressionnant. Je regrette de ne pas avoir isolé l’image et le son pour le rendre plus perceptible. Il aurait été intéressant que le son ne soit pas seulement à l’appui de l’image, par exemple le bruit d’un camion dans un camion, mais en contradiction : Mozart dans un camion ! J’aurais aimé que le bruit du camion dévorant les objets puisse faire penser que le camion est un monstre se nourrissant de ferraille, de bois, de tout. Le son peut appauvrir ou enrichir l’image. Dans le film de Kubrick, Orange Mécanique, la musique de Beethoven rend la violence plus intense. Le son peut déconcentrer de ce que nous voyons, mais peut aussi souligner un détail que l’image seule n’aurait pas suffit à révéler. Le son peut aussi suggérer une action qui se passe en dehors de l’image. Le son et l’image peuvent se fragmenter en petits indices, en choses que l’on entend mais que l’on ne voit pas et inversement. Hitchcock effraie ainsi le spectateur, le met en condition.

Cette vidéo fait partie de mon projet de concours pour la Fémis, que j’ai présenté en mai 2010, dont le thème était « le fragment ». Je n’ai pas été reçu… mais l’expérience fut passionnante. Je remercie l’équipe pour m’avoir embarqué avec eux !

jeudi 5 août 2010

Chroniques Martiennes

Chroniques Martiennes est un recueil de nouvelles de science fiction de Ray Bradbury écrit entre 1946 et 1949 qui raconte, sous la forme de récits d'aventure ou de poèmes, la conquête de Mars par les hommes. La planète rouge est le reflet de la terre. On y respire de l'air et on y plante des arbres pour rendre le sol fertile. C'est un nouveau départ pour l'humanité intoxiquée par les guerres terrestres.

Je découvre le livre après avoir vu un spectacle donné par le théâtre Alcyon à Besançon. En 2008, réfléchissant à un projet de court-métrage, je me ré-intéresse au livre dont il ne me restait que quelques impressions : Des collines orangées, un ciel violet, des personnages parfois solitaires. L'image qui me venait à l'esprit était celle d'une grande plaine bordée de montagnes avec au centre un ou deux minuscules personnages. Je fus surpris de retrouver un paysage semblable par la vitre d'un train, courant à travers les champs. Peut être était il possible de filmer la planète Mars sur Terre.

Ce court-métrage fut le projet de fin d'étude pour ma première année à l'ESAE. Le thème imposé était : « Au fil de l'eau ». Dans le livre, la présence de l'eau unit les différentes nouvelles entre elles. Les rivières qui y sont décrites témoignent du temps qui s'écoule. Elles regorgent de poissons ou elles sont asséchées. Ces cours d'eau sont aussi des miroirs dans lesquels les hommes se regardent et se questionnent sur leur identité. Les personnages sont comme suspendus dans le temps. Ils rêvent d'un avenir meilleur ou ils essayent tant bien que mal à se souvenir du passé. Contrairement au livre, je ne donne pas de repères chronologiques. Chaque scène est un « autre temps ».

Je suis assez content de la scène où l'on voit un couple assis dans le noir, s'imaginant dans une forêt. Au début je pensais tourner de nuit dans une vraie forêt, mais cela s'avéra difficile à mettre en place, surtout pour l'équipement d'éclairage. J'ai utilisé un studio plongé dans le noir. Dans l'obscurité, on imagine la forêt encore plus vaste, plus hostile qu'elle ne l'aurait été en vrai. Je me souviens de cette scène de La forteresse cachée (1958) de Kurosawa, où deux personnages peureux passent la nuit dans une vallée. Ils sont blottis autour d'un feu de camp, l'obscurité s'étend tout autour d'eux. Leur regard se porte vers la nuit d'où ils entendent le fracas de pierres qui tombent. Comme les personnages, le spectateur s'accroche aux flammes rassurantes. Il imagine ce qu'il ne voit pas par ce qu'il entend. Une intimité se crée avec les personnages dont on partage l'inquiétude.

dimanche 10 janvier 2010

62e Festival International de musique de Besançon

Lors d’un stage en septembre dernier, j’ai accompagné Yves Petit, le photographe chargé de suivre le Festival International de musique de Besançon. L’orchestre de Franche-Comté et la BBC Symphony Orchestra ont donné de nombreux concerts d’œuvres classiques mais aussi contemporaines avec la présence d'Edith Canat de Chizy, compositrice en résidence. Le festival accueillait cette année le 51eme concours des jeunes chefs d’orchestre. Venus du monde entier (le gagnant du concours fut le Japonais Kazuki Yamada) les participants ont donné plusieurs concerts. Les concurrents jouant le même morceau, il était très intéressant pour le public d’écouter plusieurs interprétations d’une même œuvre.

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Les premiers jours du festival, Yves Petit réalisa un portrait de chaque chef d'orchestre mettant en avant la personnalité de chacun. Ces photographies permettaient d'avoir une vue globale des participants au concours. Je m'essayai au même exercice en prenant en considération le cadrage, qui devait être à peu près le même afin que chaque portrait soit équivalent.
Les chefs d'orchestre s'appropriaient les œuvres en leur donnant un sens qui leur était propre. Leur corps s'animait sous l'effet de la musique, et moi-même, parfois ému par ce qui se jouait, désirais adapter mes photos à leur interprétation. Maîtrisant mal l'ouverture (trop basse alors que mes sujets bougeaient beaucoup), j'obtins de nombreuses photos floues... Yves Petit ne tarda pas à me le faire remarquer et j'en pris de nouvelles.

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Le festival offre une grande variété de situations pour la photographie. Les salles de concerts sont très différentes les unes des autres. Si les œuvres classiques pouvaient être jouées dans un lieu traditionnel, l'Opéra-Théâtre, les musiques du monde se jouaient sous un chapiteau nommé le « Magic Mirror ». Notre conduite de travail devait donc s'adapter d'une scène à une autre. L'outil photographique pose le problème du bruit. Yves et moi devions écouter la musique et juger le moment opportun pour prendre notre photo, souvent quand la musique se faisait plus forte car il est très important de respecter les instants de silence.
Se pose aussi le problème de la scène. Nous ne pouvions pas nous placer où bon nous semblait. Yves Petit m'indiquait la marche à suivre. A l'Opéra-Théâtre, nous marchions à pas de loup pour nous poster derrière le public ou sur le côté. Parfois nous nous aménagions des petits recoins depuis les coulisses afin de faire face au chef d'orchestre car celui-ci tourne le dos au public. La situation sous le chapiteau du « Magic Mirror » était très différente. Il y a ici une grande proximité entre la scène et le public, ce qui nous permettait d'être plus proches des artistes et plus libres de nos mouvements. Nous pouvions être plus originaux dans nos cadrages, tenter des plans rapprochés ou en contre-plongée. Les concerts étant souvent joués en même temps dans des salles différentes, il fallait donc courir un peu partout pour réussir à couvrir l’ensemble de l’évènement. Ci-dessous quelques artistes dont Yom, Musica Nuda et Deliziozo.

img_2417yom.JPG img_5295nederlandskamerkoorjj.JPG img_1545MusicaNuda.JPG img_1582MusicaNuda.JPG img_5916Delizioso.JPG img_6037.JPG img_1202coeur.JPG img_1133coeur.JPG img_1168coeur.JPG img_6933jeudi24.JPG img_7007jeudi24.JPG img_7048Jeudi24.JPG

Ne connaissant que partiellement le fonctionnement d’un appareil photo reflex, ce stage m'a permis une bonne formation au niveau technique. Ce travail m’a aussi appris ce qu’est la photographie de commande. Pour les archives du festival ou la presse, chaque artiste devait posséder son portrait et une photo de groupe. Pouvoir écouter chaque concert et les observer m’a beaucoup appris sur les métiers de la musique notamment celui de chef d'orchestre. Ces deux semaines ont été aussi l'occasion de rencontrer les gens qui s'occupent du festival et des techniciens qui m'ont un peu parlé de leur travail sur le son et la lumière en régie.

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Afin de clore les belles soirées musicales, un banquet réunissait les officiels, avec champagne et toasts. L’occasion pour moi de prendre quelques photos…

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dimanche 22 novembre 2009

Images de la Corée du Sud

J'ai visité la Corée du Sud l'été 2009 (début Juin/ début Juillet), je reviens en France avec mon lot de photos et vidéos (Cliquez ici pour voir des extraits de mon court-métrage). Mon but n’a pas été de saisir des évènements ou des monuments importants mais plutôt des impressions dues à une lumière, des couleurs, des ambiances particulières.

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J’ai visité plusieurs villes. Séoul m’a étonné par ses contrastes architecturaux. En effet, dans un même quartier se côtoient buildings et habitations traditionnelles souvent plus pauvres. De même, des temples millénaires se retrouvent encerclés d’enseignes publicitaires toutes de néons. Le rythme de vie "à l’occidentale" est effréné, tout va très vite. On construit vite et on travaille tard dans la nuit. Ce qui n’empêche pas les Coréens de prendre du temps pour le sport, le jogging ou encore le vélo sur les rives du Han.

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Gyeongju est un haut lieu de la culture Coréenne. On y rencontre de très nombreux monuments anciens. Entouré de grandes rizières, de petites dunes de verdure sont en fait des tombes royales.

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A Andong, malgré un village traditionnel très touristique en périphérie de la ville, les vieillards m’observaient comme une bête curieuse. Ce qui n’est pas le cas des jeunes tout à fait habitués à voir des occidentaux.

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Avant d’entreprendre la montagne de Solak et de visiter ses temples bouddhistes, je me suis arrêté à Sokcho, une petite ville de pêche situé au nord-est du pays. Ici, on parle de la mer de Corée et non de la mer du Japon !

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Ce voyage m’a permis de m’immerger dans la culture musicale du pays. J’écoute Hahn Dae-Soo (aux fortes influences country !), Kim Kwang Seok (poésies engagées) ou encore le dernier groupe de rock à la mode, Jang Ki Ha, dont les rythmes ne sont pas sans rappeler la musique traditionnelle coréenne.

Côté cinéma, je trouve le style Coréen vraiment particulier, même si je n’ai pas encore vu suffisamment de films pour m’en faire une idée bien précise. J’ai souvent remarqué un curieux mélange de comique et de tragique. C’est bien le cas du dernier film de Park Chan-wook, le vaniteux Thirst dernièrement sorti dans les salles françaises. En Corée j’ai apprécié Mother de Bong John hoo connu notamment pour Memories of murder. Il n’y a pas longtemps j’ai vu en dvd le très beau Oasis de Lee Chang-Dong, l’histoire d’un voyou qui s’éprend d’une handicapée mentale.

Je vous conseille de faire un petit tour sur Youtube pour trouver ces chansons et films.

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