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Photographie

jeudi 15 janvier 2015

La forêt sauvage

Dans un parc, il y a sous le dense feuillage d’un buisson bien taillé, une forêt sauvage.

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De l'extérieur du buisson, je glisse un oeil entre les branches, distingue des ombres, des indices d’un monde fantastique. Pour le découvrir, je ne peux pas me satisfaire de rester devant le buisson, il me faut partir en expédition en y rentrant tout entier. C’est un effort que de réellement s’en approcher, de devoir se plier en deux. Et il y a le regard des passants.

Pour rentrer dans un buisson, on ne peut pas rester debout. Je me recroqueville, me débats avec les branches. Je pense à la dégringolade d’Alice dans le terrier du lapin. Du monde ordinaire, je ne vois plus que des pieds, je n’entends plus que des bribes de mots des passants qui ignorent désormais ma présence.

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J’ai disparu aux yeux de tous et peux ainsi me consacrer à mon nouvel univers dans une joie comparable à celle des enfants qui, en se construisant une cabane cachée des parents, ont leur petit monde à eux. Je ne suis pas surpris de constater que si les adultes sont trop grands pour me voir, les enfant eux, me repèrent vite. Eux aussi ont l’idée de se cacher dans le buisson, de participer au jeu. Ici ce sont des géants. Leurs parents les appellent mais ils ont disparu.

samedi 31 août 2013

Le mur à 10°

Léonard de Vinci conseillait aux peintres en manque d'inspiration devant les paysages, de regarder les fissures des murs.

Je mets mon visage contre les murs, la joue, pour changer de point de vue, pour varier l'angle. Je mets ma tête à l'envers pour en avoir une vision plus approfondie. M'inclinant en avant, le mur est un précipice et j'ai le vertige. En arrière, c'est une montagne à escalader. Ce n'est pas la même chose d'être devant le mur d'un building ou le mur d'une cabane. Le premier, sans fin jusqu'au ciel, me donne le tournis ! Le second est peut-être plus fragile, il me donne envie de m'y blottir. C'est l'angle qui créait l'oppression, la fragilité, l'étourdissement.

Le mur n’est pas le même selon qu’il est vu de loin ou de près. De loin je le perçois dans sa forme ordinaire, fonctionnelle : il me bloque le passage. De près, je l’interprète comme un paysage, qui m’ouvre, au contraire, un espace.

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Face au mur, je regarde de tous les côtés, le mur est toujours là ! La seule issue est le ciel qui est en haut. La terre n’est que murs, prisons, et le ciel inatteignable, mystique. La seule façon d’échapper au mur serait-elle d’élever notre pensée jusqu’au ciel ? Richard II, dans la pièce de Shakespeare, est enfermé dans la prison d’un château. Sa cellule est minuscule et les murs gigantesques, il ne peut s’en délivrer qu’en faisant un profond travail sur lui-même. Par la force de son esprit il crée tout un monde. Le mur, au lieu de l’accabler, devient matière à de grandes pensées sur Dieu, le monde, l’homme. Le roi parvient ainsi à s’ « ouvrir un passage à travers les flancs pierreux de ce monde si dur ». Mes observations ne peuvent pas rester de surface. Un premier coup d’oeil n’est pas satisfaisant. Il me faut rester longtemps devant le mur pour en dégager une forme nouvelle, me créer un univers.

Cette série photographique a été exposée en été 2013 à la galerie La Prédelle à Mersuay, en Franche Comté, en compagnie du peintre Benoît Delescluse, le photographe Nicolas Trusch et le sculpteur Joseph Ginet.

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(Maj : Avril 2015) La découverte d'un nouveau paysage :

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mercredi 28 décembre 2011

Copenhague, hiver 2011

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dimanche 10 avril 2011

Bruxelles, été 2010

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dimanche 10 janvier 2010

62e Festival International de musique de Besançon

Lors d’un stage en septembre dernier, j’ai accompagné Yves Petit, le photographe chargé de suivre le Festival International de musique de Besançon. L’orchestre de Franche-Comté et la BBC Symphony Orchestra ont donné de nombreux concerts d’œuvres classiques mais aussi contemporaines avec la présence d'Edith Canat de Chizy, compositrice en résidence. Le festival accueillait cette année le 51eme concours des jeunes chefs d’orchestre. Venus du monde entier (le gagnant du concours fut le Japonais Kazuki Yamada) les participants ont donné plusieurs concerts. Les concurrents jouant le même morceau, il était très intéressant pour le public d’écouter plusieurs interprétations d’une même œuvre.

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Les premiers jours du festival, Yves Petit réalisa un portrait de chaque chef d'orchestre mettant en avant la personnalité de chacun. Ces photographies permettaient d'avoir une vue globale des participants au concours. Je m'essayai au même exercice en prenant en considération le cadrage, qui devait être à peu près le même afin que chaque portrait soit équivalent.
Les chefs d'orchestre s'appropriaient les œuvres en leur donnant un sens qui leur était propre. Leur corps s'animait sous l'effet de la musique, et moi-même, parfois ému par ce qui se jouait, désirais adapter mes photos à leur interprétation.

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Le festival offre une grande variété de situations pour la photographie. Les salles de concerts sont très différentes les unes des autres. Si les œuvres classiques pouvaient être jouées dans un lieu traditionnel, l'Opéra-Théâtre, les musiques du monde se jouaient sous un chapiteau nommé le « Magic Mirror ». Notre conduite de travail devait donc s'adapter d'une scène à une autre. L'outil photographique pose le problème du bruit. Yves et moi devions écouter la musique et juger le moment opportun pour prendre notre photo, souvent quand la musique se faisait plus forte car il est très important de respecter les instants de silence.
Se pose aussi le problème de la scène. Nous ne pouvions pas nous placer où bon nous semblait. Yves Petit m'indiquait la marche à suivre. A l'Opéra-Théâtre, nous marchions à pas de loup pour nous poster derrière le public ou sur le côté. Parfois nous nous aménagions des petits recoins depuis les coulisses afin de faire face au chef d'orchestre car celui-ci tourne le dos au public. La situation sous le chapiteau du « Magic Mirror » était très différente. Il y a ici une grande proximité entre la scène et le public, ce qui nous permettait d'être plus proches des artistes et plus libres de nos mouvements. Nous pouvions être plus originaux dans nos cadrages, tenter des plans rapprochés ou en contre-plongée. Les concerts étant souvent joués en même temps dans des salles différentes, il fallait donc courir un peu partout pour réussir à couvrir l’ensemble de l’évènement. Ci-dessous quelques artistes dont Yom, Musica Nuda et Deliziozo.

img_2417yom.JPG img_5295nederlandskamerkoorjj.JPG img_1545MusicaNuda.JPG img_1582MusicaNuda.JPG img_5916Delizioso.JPG img_6037.JPG img_1202coeur.JPG img_1133coeur.JPG img_1168coeur.JPG img_6933jeudi24.JPG img_7007jeudi24.JPG img_7048Jeudi24.JPG

Pouvoir écouter chaque concert et les observer m’a beaucoup appris sur les métiers de la musique notamment celui de chef d'orchestre. Ces deux semaines ont été aussi l'occasion de rencontrer les gens qui s'occupent du festival et des techniciens qui m'ont un peu parlé de leur travail sur le son et la lumière en régie.

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Afin de clore les belles soirées musicales, un banquet réunissait les officiels, avec champagne et toasts. L’occasion pour moi de prendre quelques photos…

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